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Jean Pierre Girard présente Notre disparition comme une sorte de work in progress. Le recueil témoigne d’un moment dans l’évolution de textes d’abord conçus pour s’associer à une exposition de photographies d’Ève Cadieux, Côte à côte, puis ayant constitué la partie littéraire de l’exposition Œil pour dent, en France, au côté des œuvres du dessinateur français Benjamin Bozonnet. Quelques-unes de leurs œuvres illustrent le recueil. Ainsi : «Ce livre, ce recueil est le messager, le trait d’union [vers une] nouvelle facette de l’œuvre», indique Girard.
Le recueil de prose poétique est constitué de deux parties dont la première reprend le titre. Il présente le récit intime d’un amour tel que narré par la voix d’une femme s’adressant à l’homme qu’elle aime.
Je voudrais nous réparer, mon amour, affirmer notre
demain, et je suis consciente du caractère cinglant
de mon vœu, je suis une branche de saule, et immergée
dans notre eau je déploie des tentacules qui sortent
de moi, à ma grande surprise je pousse.
La seconde partie de l’œuvre intitulée Elle, même, soutenue par un effet de mise en scène, poursuit la narration à travers d’autres voix qui approfondissent le thème du lien sentimental et filial :
N’éprouvez-vous pas, tous deux, ce qu’il faut exactement de compassion, pour simplement accepter, et ensuite, simplement aimer, puis simplement disparaitre ?








Exposition : du 11 au 20 novembre 2011, du mercredi au dimanche de 14h30 à 19h
Lieu : 6B à Saint Denis (93)
Vernissage : le 10 novembre 2011 à 18h
Cette exposition est organisée en partenariat avec l'association Kurt-forever en résidence au 6B à Saint-Denis en région parisienne.
Elle présente le travail d'une sélection d'artistes venus en résidence à Chamalot depuis la création de l'association ainsi qu'une sélection d'artistes du 6B.
" Et pourtant il n’y a plus aujourd’hui cette promesse du tableau qui représente, plus cette idée d’une peinture qui se devrait de faire voir la « réalité » visible. Au contraire, une lutte systématique pour se dégager de cette exigence – Braque le résumait dans ses carnets, « Le peintre ne tâche pas de reconstituer une anecdote, mais de constituer un fait pictural. » Tout est dit dans la disparition du préfixe : constituer, donc plus de peinture de l’après-coup qui aurait à régler sa dette à l’égard de la chose dépeinte en lui coïncidant.
Alors plus, non plus, cette exigence que l’oeuvre fasse compte-rendu, plus à attendre qu’elle témoigne, comme l’explique Lyotard : parce qu’elle est elle-même l’évènement,
« (…) la chose qui est là, geste imprenable d’espace, de temps, de matière visuelle ou langagière, qui invente un autre là que notre là. » Lyotard voit dans le travail du peintre quelque chose de proche de l’obstétrique ou de la psychanalyse, de ce travail qui laisse la voie ouverte pour qu’advienne précisément ce qui n’est pas encore arrivé. La peinture, comme possibles. Le geste pictural comme ce qui se détache aussi de l’obligation aux acquis d’une tradition et devient ce fait dont parle Braque, travail d’invention de manières inconnues.
Pour DEPEINDRE ces pratiques contemporaines de la peinture, kurt rencontre la résidence d’artistes de Chamalot. Dans cet espace de création, en Corrèze, cinq ans de recherche - ici retracés au travers d’un choix d’oeuvres d’Amélie Bertrand, Benjamin Bozonnet, Benoît Géhanne, Steve Givernaud, Maude Maris, Guillaume Millet, Anne Neukamp, Laurent Rabier, Alexandra Roussopoulos et Claire Tabouret.
Face à ces peintures, pour ouvrir le dialogue, une sélection de sculptures : oeuvres de Maya Benkelaya, Vincent Busson, Ariel Fleiszbein et Julie Fruchon. Des pièces accordant une attention toute particulière à l’état de surface, disant des volumes surtout leur peau. S’inscrivant donc aussi dans cette même façon qui s’attache à déjouer une certaine habitude. Il faut suspendre cette relation trop familière qui fait qu’on reconnaît une oeuvre, alors que précisément elle surgit sans qu’on sache exactement à quoi s’attendre – évènement, s’approchant de cette définition que Lyotard donnait encore du visuel : « plutôt que vu, il fait voir. »
Marion Delage de Luget
Le 6B est situé au 6-10 quai de Seine, 93200 Saint Denis.